La robe d'avocat que j'ai retrouvée au grenier
retraite
J’ai retrouvé ma vieille robe d’avocat en rangeant le grenier. Noire, élimée aux coudes, elle sentait encore la poussière des tribunaux. Je l’ai enfilée, juste pour voir. Ma femme m’a surpris en train de plaider devant le miroir. ‘Tu rejoues tes grands succès ?’ — ‘Non, je fais mes adieux.’ J’ai raccroché la robe. Elle méritait sa retraite, elle aussi. Cette robe avait été ma seconde peau pendant des décennies. Elle m’avait accompagné dans mes plus grandes victoires et mes pires défaites. Elle avait absorbé ma sueur, mes larmes, mes doutes. La voir là, pendue à un cintre poussiéreux, m’a ému plus que je ne l’aurais cru. Ma femme a proposé de la jeter. J’ai refusé. Elle fait maintenant partie de mon histoire, de mon identité. Je l’ai rangée dans une housse, à l’abri des mites et du temps. Un jour, peut-être, je la montrerai à mes petits-enfants. Pour leur expliquer qui j’étais, avant.