Ma femme et moi ne regardons jamais les mêmes programmes. Après des années de conflit, j’ai proposé un compromis écrit : jours pairs, elle choisit ; jours impairs, je choisis. Dimanche : programme commun obligatoire. Ça fonctionne depuis six mois. La paix conjugale a un prix : celui de la négociation. Ce compromis est affiché sur le réfrigérateur, entre les photos de famille et la liste des courses. Il a la même valeur juridique qu’un traité international. Aucun de nous ne peut le violer sans représailles. Ma femme a ajouté une clause secrète : si elle fait un gâteau, elle a droit à un jour supplémentaire de son choix. J’ai protesté pour la forme, mais j’ai accepté. Après tout, ses gâteaux sont excellents. Depuis ce compromis, nos soirées sont plus paisibles. Nous ne nous disputons plus pour la télécommande. Nous nous disputons pour savoir qui fait le meilleur gâteau. C’est un progrès.