Le premier gel a blanchi le jardin. Je suis sorti tôt pour voir le givre sur les feuilles. C’était beau, fragile, éphémère. Comme beaucoup de choses dans la vie. Il faut savoir les saisir. Ce moment de contemplation matinale est devenu un rituel automnal. Chaque année, j’attends le premier gel avec impatience. C’est un signal, une transition, un passage. L’été est définitivement terminé, l’hiver approche. Le jardin se prépare à dormir. Moi aussi, je me prépare. Pas à dormir, mais à ralentir. L’hiver de la vie n’est pas triste, contrairement à ce qu’on dit. Il est doux, calme, serein. On a fait ce qu’on avait à faire. On peut maintenant se reposer, contempler, savourer. Le premier gel me rappelle cette évidence : chaque saison a sa beauté. Même l’hiver. Surtout l’hiver.