À la retraite, j’ai appris que savoir écouter est aussi important que savoir parler. Que ce soit les histoires de mes petits-enfants ou les confidences de ma femme, chaque moment compte. Comme disait un vieux maître : ‘Un bon avocat écoute deux fois plus qu’il ne parle.’ Aujourd’hui, je mets cela en pratique… et j’en tire une grande satisfaction. Pendant quarante ans, j’ai parlé pour gagner ma vie. Plaider, argumenter, convaincre. Toujours prendre la parole, jamais la laisser. La retraite m’a forcé à inverser les rôles. Maintenant, je me tais et j’écoute. C’est étonnamment difficile pour quelqu’un qui a passé sa vie à s’exprimer. Mais c’est aussi étonnamment gratifiant. J’apprends des choses sur mes proches, sur le monde, sur moi-même. Des choses que je n’aurais jamais découvertes si j’avais continué à monologuer. Le silence a ses vertus. Il m’aura fallu soixante-cinq ans pour les comprendre.